Souffrir pour mieux repartir ! 6


Bonjour à tous, après 6 semaines de silence, voici un petit article que je m’étais promis d’écrire quand l’envie me prendrait.

Vous aurez compris, la date est symbolique puisque  ce dimanche (date à laquelle j’écris) je devais courir le trail de Signe et savoir si j’aurais mené au bout mon défi.

Mais voilà, comme vous le savez, il y a 6 semaine, je me suis fais une belle petite entorse.

Alors ce trail ? C’était bien ?

Après consultation de mon doc, après avoir posé la question à Pierre, kiné de son état, qui est plusieurs fois intervenu sur le blog et en qui je j’ai une grande confiance (bien plus grande que dans les kinés qui me manipulent :-/), il s’avérait que j’aurais pu, éventuellement, si tout se passait à merveille au niveau de la rééducation, que celle-ci soit très bien effectuée et si je ne perdais pas de temps, courir ce trail. Mais ce n’est pas si simple.
Mon hématome a mis entre 10 et 11 jours pour se résorber totalement, ce qui déjà n’était pas dans les délais les plus courts. En plus, même en imaginant que je puisse reprendre la course rapidement, mes 6 semaines d’entrainements spécifiques auraient été complètement tronquées. Alors pour un coureur habitué à ce genre de course longue, avec fort dénivelé, pourquoi pas, mais pour moi ?!
Pour moi, ces 6 semaines étaient cruciales pour réaliser la course dans des conditions normales et surtout pour profiter de cette épreuve. J’ai donc décidé très rapidement de me désinscrire.

Le mental

Avec un peu de recul, un peu moins d’amertume, je voulais revenir sur comment j’ai vécu ces différentes étapes à la suite de ma blessure. J’en avais un peu parlé dans mon dernier article rédigé 2 jours après.

MentalJuste après la blessure, j’ai vraiment eu le moral à 0, avant de partir aux urgences, je me vois encore m’isoler et surement lâcher 2 ou 3 larmes de tristesse, de dégout, de rage. Les urgences m’ont remis les pieds sur terre … Ce n’est qu’une entorse, quelle chance comparé à certain que je voyais en salle d’attente ou dans les couloirs.
Le  week-end qui a suivi la blessure a été très compliqué, genre « déprime », pas évident pour la famille de supporter cela. Comme j’ai été arrêté 4 jours, j’ai bien eu le temps de ruminer tout cela. A partir du jeudi, j’ai repris le boulot, ouf, ça permet de penser à autre chose.

Et puis j’ai écris ce mail que je ne voulais pas faire, celui pour annuler ma participation à la course. Et rebelote, un ou 2 jours de « déprime ».  Et puis le temps a fait son effet, les séances de kiné m’ont permis de reprendre rapidement les sorties vélo.
Je me suis également fait une révision chez mon osthéo : Très bénéfique …

L’autre aspect qui m’a beaucoup aidé, est le fait de ne pas avoir eu envies de continuer à manger comme je le faisais pendant mon entrainement, et donc j’ai vraiment limité la prise de poids. J’ai du reprendre 1 kg depuis 6 semaines. Ne pas perdre tout les acquis de ces 6 derniers mois, c’est bon pour le moral.

Mais aujourd’hui rebelote, cette date marquée depuis longtemps dans mon calendrier a fait son effet. En plus me voilà toute la journée à voyager jusqu’en Italie pour le boulot (j’écris cet article depuis l’aéroport de Rome en attendant mon bus).  Alors ça, plus le fait de laisser la petite famille avec qui j’ai passé une super semaine de vacances, et bien ça fout les boules …

Hypnotisé par l’objectif

focusJe suis moi-même surpris de la place que tenait mon défi dans ma vie de tous les jours. Finalement, quand on est dans la préparation, surtout quand elle se passe plutôt bien, on ne s’en rend pas vraiment compte. On ne voit pas le temps que cela prend, les routines que l’on met en place, l’énergie que l’on y laisse, la nourriture que l’on engloutitJ, etc.,
Mais quand on est forcé à s’arrêter brutalement, on se rend compte de tout. Et cela fait réfléchir : dois-je, après mon rétablissement, prendre autant de temps pour faire tout cela ? C’est la question la plus importante que je me pose. J’y répondrais le jour où je serais prêt à reprendre là où je me suis arrêté.

Le gout du sport

cyclisme17 jours après la blessure, je suis remonté sur une scelle. Depuis ce jour, je suis sorti 7 fois, en travaillant au début seulement le foncier, et depuis 3 semaines, la puissance et me faisant des petits « cols » jusqu’à ma sortie la plus aboutie mardi dernier, où j’ai roulé pendant 3 heures, 66km et 1000 de d+.  Le vélo c’est super, vraiment, je ne regrette pas mon achat. Cela me permet de vraiment évacuer, sans douleur articulaire, le top quoi …

Et la course à pied dans tout cela ? Et bien j’ai repris 5 semaines et 3 jours après le jour de mon entorse. 2 petits footings de 50’ et 45’. Tout va bien au niveau de la cheville, et même si j’ai une petite appréhension qui me trotte dans la tête, ça fait du bien …

Cette semaine, selon comment se déroule mon boulot, je vais tenter de courir au moins 2 fois, voir 3. Si je peux me faire 1h30 de course sur une des 3 séances cela serait super.

Mes Objectifs

défi trail signeIls sont intacts. Je veux faire un trail de 55km et autour de 2500m de D+. Reste à savoir quand. J’attends d’être sûr de pouvoir recourir normalement sur mes chemins de trails habituels, sans appréhension et avec une cheville rééduquée parfaitement. A partir de là, j’aurais un choix important à faire. Est-ce que je repars sur un plan dans l’esprit précédent (pas d’improvisation, pas de course au feeling), ou dois je m’orienter vers une préparation, certes sérieuse, mais moins « carrée », où l’improvisation, le feeling entre plus en jeux.

Sur ce sujet, votre avis m’intéresse : Que pensez-vous de la réalisation d’une préparation menée avec une gestion où le feeling entre en jeux ? Peux t on arriver à un résultat intéressant où est-ce voué à l’échec ?

 

Donnez-moi votre avis dans les commentaires de l’article.

 

Crédit photo : Hartwig HKD, Army MédicineDimitris Kalogeropoylos

  • odette dit :

    MP c’est maman. Pour moi je te conseille de faire du vélo plus plus et la pas de douleur. Tu peux courir mais peut être un peu moins, puisque tu es fragile cheville et genoux. Tu sais le vélo est un bon sport, et cela est un plaisir de ne pas souffrir. Il faut dans ta tête te dire que courir ce sera juste des petits parcours pour le plaisir, mais pas des compétitions, même si tu en as très envie. Vive le moral sur le vélo et tu seras bien mieux, mais attention aux chutes. A toi de voir

  • Yann dit :

    Salut,

    La blessure, c’est souvent pénible et dure mentalement a affonté. Toutefois, de ma maigre expérience d’amateur de sport depuis 34 ans et de divers sport, voici ma conclusion personnelle,qui bien sur n’engage que moi :

    -toutes mes blessures importantes se sont déroulées dans des circonstances ou je cherchais dans le sport un défoulement de problémes perso, boulot ou autres…

    Donc conclusion maintenant plan d’entrainement sérieux oui je le fais toujours par contre

    si une sortie physique (denivelé, fractionné, choc) est prévue et que dans les premiers kilo, j’ai un mauvais feeling après la phase d’échauffement, je fartlek direct. -> mon corps me dit qu’il est pas prêt à la faire, ou ma tête…-> signe de fatigue physique ou de non disponibilité mentale.

    La séance prévue sera décalée dans la même semaine en ayant pris le soin de regarder pourquoi l’annulation :->

    1) manque de sommeil ces dernieres semaines
    2) un investissement trop fort au taf
    3) trop de contraintes personnels (de sorties?)

    pour pouvoir rééquilibrer avant de refaire la sortie prévue ou du moins améliorer les conditions d’arrivée avant la sortie.

    Savoir s’écouter c’est savoir entendre le message conscient ou inconscient que l’on s’envoie a soi-même.

    Et c’est, il n’y a que toi qui peux le faire-> ton meilleur khiné, ton meilleur coach, ton meilleur plan ne le te dira jamais….

    Sois courageux pour la reprise, mais ne soit pas entêté, écoutes-toi

    Reculer pour mieux sauter est toujours bénéfique, mais le bénéfice ne se ressent pas nécessairement immédiatement.

    Sportivement

    • bonjour Yann,

      merci pour ton commentaire très intéressant avec lequel je suis complètement d’accord. De mon coté le plus difficile est d’appliquer les « règles » que tu énonces. Elles sont pleines de bon sens, et pourtant souvant j’associe un changement de programme à un échec. Je pense que résoudre ce problème est nécessaire pour moi pour arriver à mieux gérer les temps faible. J’ai déjà commencé, puisque sur mon plan de 12 semaines j’avais jonglé pas mal de fois comme tu l’expliques en inversant 2 séances, où en modifiant le contenu d’une semaine. Mais je dois aller plus loin sur ce sujet.

      Là où je te rejoins aussi, et j’en ai pas parlé tellement car c’est depuis un bout de temps mon pain quotidien et cela ne m’a donc pas sauté aux yeux, c’est le sommeil. Je sais pertinemment que c’est hyper important de bien dormir pour que l’organisme récupère et pourtant je n’arrive que très rarement à dormir comme je le devrais. A corriger aussi, et à minima à améliorer.

      A plaisir de te lire et à bientôt pour la suite des évènements 😉

  • Salut Betty et Eric,
    je vous fais une réponse commune car finalement, vous avez un avis un peu similaire …
    Je ne partage pas votre avis. Je pense que je serais d’accord avec vous si ma blessure était liée à un mauvais entrainement, une planification mal faite qui m’aurait poussé au sur-entrainement !

    Là, ce n’était pas le cas. Je sortais 10 jours avant d’une semaine complète de coupure, mon état de fraîcheur était excellent, et je me sentais au mieux. Lorsque j’ai finis mon plan de 12 semaines, je savais que je serais prêt pour le départ, même si la sortie rando course de 6h me faisait un peu flippé 🙂

    La progression a été respecté, il faut pensé que j’ai démarré 6 mois avant (en septembre 2015).
    Betty, tu parles de blessures à répétition, j’ai eu mes soucis au mollet, au début, et le fait de mettre des manchons a solutionné mon problème. j’ai réalisé 4 mois d’entrainement intensif sans la moindre blessure, parfois de la fatigue, mais elle a été, je pense, bien prise en compte.
    Eric, tu parles de faires des courses intermédiaires, mais je l’ai fait. J’ai réalisé le trail de la galinette, qui était un 25km et 1400m de d+.
    Cette course c’est d’ailleurs très bien passé, je t’invite à lire son compte rendu.

    Sur la blessure en elle même, mon analyse est tout à fait banale, c’est un coup de mal chance. Le reproche que je me fais est de ne pas avoir plus musclé ma ceinture abdominale. J’aurais peut être pu rattraper mon corps plus rapidement quand il a été pris dans la pente. Mais tout cela est très hypothétique. Sur cette séance j’ai marché sur des 10aines de cailloux de la sorte.
    Un autre point qui a peut être joué, est justement cet état de bien être et de confiance que j’avais à cette période. Un relâchement fautif en découle peut être.

    Non mon interrogation porte plus sur la manière de s’investir dans un tel objectif. Je me rends compte, après cette coupure brutale, que ma méthode « carré », hyper structurée, précise, a des inconvénients que je mentionne à la fin de l’article et que l’on ne voit pas forcément quand on est dedans.
    Mais cet article m’a aussi fait réfléchir, et je pense que cette méthode est tout de même la plus adapté à mon caractère, mon tempérament pour réussir de tels objectifs.

    Voilà, j’espère que mon avis vous éclaire un peu plus 🙂

    En tout cas, merci de m’avoir répondu, ça fait plaisir. Et ça me fait quand même une réponse du Canada et une de Thaïlande 🙂

    Bizz à tout le monde

  • Eric Bouché dit :

    JC, je pense que le mental est essentiel pour réaliser de tels projets. Un échec est en soi très positif car il contribue à muscler son mental. Fixes toi un autre objectif ambitieux mais réaliste sans négliger bien sûr la vie de famille et la vie sociale qui sont des éléments essentiels pour la réussite d’un projet. Au total, pour ma part, je pense que tu devrais te fixer une ligne de programme certes serieux, avec un objectif intermédiaire comme un semi marathon par exemple, tout en levant le pied de temps en temps voire même craquer pour un bon repas si l’occasion se présente. Mais c’est juste mon avis !

  • Béatrice Garcia dit :

    Je comprends la dure période que tu as du traverser avec toute l’énergie que as mise dans ce projet…
    Moi, je n’y connais rien, mais il me semble que avant de te relancer dans un tel défi et vu les multiples blessures que tu as eues, pourquoi ne pas t’inscrire à des courses moins exigeantes, qui te permettront tranquillement d’arriver ou tu veux tout en te fixant des objectifs, comme des étapes ? C’est bon pour le moral de participer à des évènements et de prendre ainsi le temps de te préparer à des épreuves plus difficiles. A plus!